30 oct. 07
L'ÉCHELLE DE JACOB
En 1990, Bruce Joel Robin a le bon scénario, Adrian Lyne est le type de la situation, et Tim Robbins est le meilleur acteur du monde. Les dés roulent, pas grand monde ne mise grand'chose, et c'est l'un des meilleurs films de l'après 70's. Pour moi, c'est sans doute l'un des meilleurs tout court.
Attention, spoiler, comme on dit. Ceux qui ne l'ont pas vu risquent d'en apprendre ici plus qu'ils ne le souhaiteraient...
Jacob Singer revient du Viet-Nam avec dans ses valises, en sus du trauma classique, une ribambelle de visions
horrifiques dont l'intensité et la fréquence vont en s'accentuant. À
tel point que sa réalité propre finit par être questionnable.
Malheureusement, et comme souvent en pareil cas, à trop se poser de questions, on finit par récolter
quelques réponses, de celles qu'un type comme Singer n'est pas près à accepter.
J'avais vu le film à sa sortie, sans recevoir une once de ce qu'il peut donner à ses spectateurs. C'est assez inimaginable, quand j'y pense. Outre qu'il est sans doute fondateur d'une certaine esthétique de l'angoisse (on l'a dit et répété, mais l'excellent jeu vidéo Silent Hill 2 lui doit tout), L'ÉCHELLE... est probablement l'un des meilleurs thrillers américains. Une œuvre irréprochable formellement, qui, en plus de proposer au menu une déprime métaphysique suffocante, se paie le luxe de tout en retenue (sans la roublardise d'un M. Night Shambalabala) vous tirer des larmes dans ses dernières séquences. Impossible de ressentir ailleurs ce que provoquent les visions de Jacob, et leur implication probable. Impossible de ne pas sentir son cœur se briser sous les accords de la musique de Maurice Jarre. Et tout aussi impossible de nier que 17 ans après, le film d'Adrian Lyne continue de tenir la dragée haute à une cohorte de prétendants qui régulièrement essaient de lui ravir la première place.
ED
CREATURE FROM THE HAUNTED SEA
La HONTE ! Un Corman, tout beau, tout chaud, et je n'ai même pas eu le courage d'aller au bout ! Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient (things ain't what they used to be, en v.o) Je ne me reconnais plus. Quant on pense que mon mémoire de maitrise portait sur la série Z, et que j'ai eu une bonne note...
Il est peut-être temps que je m'avoue que ce qui me botte le plus dans ces films, ce sont leurs affiches... Non, ce qui me botte le plus, c'est le Monstre. La Figure du Monstre. Chouette titre pour un bouquin, non ? J'aimerais bien que Nicole Brenez ou Françoise Maunier écrivent l'ouvrage. Y a une place dans ma Billy qui n'attend que ce livre. Et niveau monstre, avec Corman, on est rarement pris pour des imbéciles, juge sur pièce :
C'est pas du bon pépère, ça ? T'as pas envie de lui gratter l'entre-oreille ? Moi oui. Tu imagines la partie de poilade des gars de la Déco ou des Sfx au moment de "concevoir" ce truc ? C'est pour ça que je voulais faire du cinéma. Pour ce genre de moment. Qui arrive rarement, mais quand ça vient...
Tu as remarqué comme je noie bien le poisson ? Parce que la vérité, c'est que je ne suis pas allé au bout de ce film. J'en suis mortifié (mot compte double).
Things ain't what they used to be.
ED
29 oct. 07
SUPERFREAK
Je ne vous ferai pas l'injure, dans ces colonnes, d'insinuer que vous pourriez avoir quelque chose contre le (bon) cinéma porno. Ce serait véritablement insultant de vous imaginer aussi étroits. D'autant que lorsque la réalisatrice Shine Louise Houston (tapez google) est aux commandes, le spectacle est assuré !

(Désolé pour la photo toute pourrite, et un carembar à qui me la trouve sur le Net en une meilleure qualité !)
Pink And White Productions: des films par des filles, pour des filles. Non, monsieur, il ne s'agit pas de comédies dramatiques. Oui, Madame, les filles s'y dénudent facilement. Tout à fait, jeune homme, c'est furieusement excitant et excessivement chiadé pour du porno. On est même quelques un(e)s à parier que les actrices prennent vraiment leur pied, c'est dire comme on est loin de la Côte Ouest et de l'industrie du sexe made in Hollywood... L'histoire de Superfreak ? Une espèce de fantôme ou d'esprit de Rick James (tu connais le funk ? Tape funk + rick james, tu seras pas déçu(e) par le bonhomme, un vrai maboule) se rue sur une nana explosive - c'est à dire, presque littéralement - et la possède le temps de lui faire faire toutes sortes de bêtises avec ses copines, au cours d'une soirée sublime. Et c'est tout. À un moment, ça fait 1 heure et neuf minutes que tu t'en mets partout, et c'est la fin du film. Et tu n'as qu'une envie, te jeter comme Rick James sur ta voisine ou bien sur le film suivant de la même réalisatrice, The Crash Pad, qui a l'air très différent plastiquement, mais on s'en reparle bientôt...
JE VOUS RECOMMANDE CE FILM IL EST TRÈS BIEN !!!
ED
26 oct. 07
LA SECTE SANS NOM
Le Mal n'a plus de limites, proclame l'affiche du film. En fait, si, il en a encore, mais personnellement, j'ai autre chose à faire, aujourd'hui. D'autant que la pluie s'éloigne, alors...
La Secte Sans Nom est bardé de récompenses ramassées dans divers festivals, jugez plutôt: Grand prix au festival de Sitges 1999, Mélies d'or du meilleur film européen de l'année 2000, Prix du public du film fantastique de Porto, Grand prix du festival du film fantastique de Bruxelles, Grand prix du fantafestival de Rome, Meilleur film au festival Fantasia de Montréal, Prix du public au même festival. Sans oublier un prix du jury à Gérardmer, suivi d'autres... Manque plus que le prix de Ta Mère au Festival de la Mienne ! Et ça n'empêche pas le DVD d'être à 6,99€ au Géant Casino, ce qui est encore bien plus cher que sur le Net. Bon bref, quand est-ce qu'on parle du film ?
Tiré d'un roman du très chouette Ramsey Campbell (écrivain anglais dont je te recommande La Poupée qui Dévora sa Mère, quel titre !), la Secte... nous conte l'histoire cruelle d'une femme dont la petite fille est enlevée puis horriblement assassinée. Cinq ans plus tard, cette femme brisée reçoit un coup de fil: sa fille, qui l'appelle à l'aide...
C'est pas mal, mais le problème, c'est Seven, de Fincher. Parce que dans le style maboule-glauque-torture, à part en jeu vidéo avec Silent Hill 2, on n'a pas encore fait mieux. La fin réserve une surprise... noire, mais pour le reste, je pense qu'il vaut mieux se ruer sur le livre, dont on peut parier qu'il cale plus l'estomac.
25 oct. 07
ÇA VA MIEUX
On a retrouvé la boite de Prumaxyl, qui avait roulé sous la table basse, et là, ça y est, on va pouvoir reprendre le traitement, normalement, on devrait se calmer avec Scarlett.
Et si l'homéopathie ne marche pas, on se tournera vers les antibios.
A HISTORY OF VIOLENCE
Je me rappelle l'avoir vu au Max Linder, à Paris, avec curiosité. À la sortie de la salle, je ne savais pas trop quoi penser...
Et bin, là, c'est pareil, mon vieux ! Le DVD n'a rien changé, sur l'écran 12 pouces de mon iBook, le casque planté dans les oreilles... JE NE SAIS PAS. J'aime bien, c'est assez classe, le casting, la musique, tout ça... Bon allez, c'est pas la peine de se retourner un ongle, hop ! On passe à autre chose !
J'aime mieux Cronenberg quand il filme des mouches qui dégueulent.
20 oct. 07
9 SONGS
Amateur de scénarii bien ficelés ou d'histoires sophistiquées, passe ton chemin. Dans le film de Winterbottom, il ne se passe pas grand'chose.
Si tu es un(e) petit(e) coquin(e) qui n'a pas froid aux yeux ni aux miches, et qu'en plus l'Antarctique t'a toujours fasciné(e), tu peux rester, c'est pour toi.
Matt le londonien rencontre Lisa l'américaine à un concert des crados du Black Rebel Motorcycle Club. S'entame une relation très charnelle jusqu'au jour où Lisa doit rentrer chez elle, au grand dam d'un Matt qui n'a plus que les immensités glacées du pôle sud pour réfléchir à tout ça, et sans doute se branler derrière un iceberg...
Les comédiens ne font pas semblant, de chouettes gros plans sont là pour en témoigner, et au moins, on n'est pas chez Catherine Breillat. Ici, le sexe est fun, ludique, décomplexé, ultra-romantique, et super bandant. Entre deux concerts de rock (faut aimer l'alternatif ou au moins Franz Ferdinand), Matt et Lisa se grimpent dessus, amoureusement, et au bout d'une heure, elle part et c'est la fin du film.
Comme porno, c'est sublime, presque aussi efficace que le Superfreak de nos amies les Pink And White Productions (tapez Porn for Pussies sur Google - du porno pour et par les nanas, à tomber). Comme fiction, c'est léger, mais on apprend plein de trucs sur la dérive des glaces, alors l'un dans l'autre...
On peut préférer 24 Hour Party People, du même Winterbottom.
Et oui, encore une fois, ce n'est pas un film d'horreur.
14 oct. 07
LE PRESTIGE
On surfe sur du sublime, en ce moment, puisque Scarlett joue également dans ce film très chouette de Christopher Nolan. Attention, film à énigme. Amateurs de Jules Verne et Robert Louis Stevenson, bienvenue !

Tiens, une affiche qui file mal au crâne !
Dans le Londres victorien, deux magiciens se tirent la bourre, de plus en plus durement à mesure que leurs renommées respectives grandissent. Sur un quiproquo, l'un des deux va très (trop) loin, jusqu'au Colorado, et en revient changé, définitivement, avec en prime dans ses valises, un tour de passe-passe qui te laissera sur le derrière !
Quel casting ! Et quel scénario ! Et quelle ambiance ! Et quelle belle mousse !*
Si tu aimes la magie, si tu aimes le mystère, si tu aimes la tragédie, et si tu aimes le fantastique inattendu... FEU ! Prends ton ticket !!! Et n'oublie pas que Christopher Nolan est un bon metteur en scène.
* The ultimate private joke.

Tiens, une affiche qui sait faire un bon café !
Allez, promis, dès le prochain film, on revient à des critiques plus construites. Promis.
MATCH POINT
(Oui, je sais, il n'y a pas de monstre dans ce film, et ce n'est pas un film de peur.)
Le problème, avec ce film, comme avec beaucoup de Woody Allen, c'est que tous les autres semblent ridicules, pendant au moins une bonne semaine. C'est tout simplement génial. Quant à Scarlett...
Je ne sais pas où vous en êtes avec Scarlett, mais vers chez nous, ça ne s'arrange pas. Même, ça empire.
01 oct. 07
EN VRAC: CASINO ROYALE - TO LIVE AND DIE IN L.A
Non, la vraie question, c'est: est-ce que Daniel Craig est le meilleur James Bond ? La réponse est sans ambigüité, oui. C'est le meilleur.
À part Sean Connery.
Voir des types s'étriper au poker (du Texas Holdem No Limit, quand dans le bouquin, c'était une forme de BlackJack), avant de les voir s'étriper tout court, c'est jouissif, et ça n'engage que moi. La mise en scène a retenu toutes les leçons des Jason Bourne, et finalement, le seul truc qui pêche, c'est les James Bond Girls. Eva Green a un nom d'héroïne, mais elle est surtout fadasse. Caterina Murino est bien...
Oui, elle est bien. Mais bon. Daniel Craig est mieux.
Revu également, sans trop savoir quoi en faire, le Police Fédérale Los Angeles, de William Friedkin. Ce machin m'échappe. La musique est imbuvable, William Petersen est très bien, mais mince, je dois louper quelque chose à chaque fois. Je suis incapable de dire comme certain: quel film ! J'en suis presque désolé, d'ailleurs.
Bill Petersen a sa propre définition du métier d'acteur à Hollywood, une idée qui remet les choses à leur place, au pays où le cinéma est une industrie, avant autre chose. Bill Petersen dit: " I've never been in this business for the recognition or the awards. I just want to do good work, grab a decent paycheck, and move onto the next job." Choper un chèque décent, et bouger vers le prochain job. Ça, c'est un bon programme pour un honnête travailleur.
ED.
Ps: je suis en train d'"acquérir" Breeders, de Tim Kincaid. Vous connaissez pas ? Aaaah... On va passer un bon moment... À bientôt !














