31 déc. 07
EVENT HORIZON
Quand on va trop loin, c'est qu'on s'arrête bien après l'endroit où l'on voulait s'arrêter au départ. Non, attendez... C'est l'inverse ! Bref. Le vaisseau spatial Event Horizon a la capacité de plier l'espace (un peu comme les Navigateurs de la Guilde, voyez), et tout cela l'amène à visiter un endroit interdit (en fait, une soirée gothique). Il en revient changé, et les soutes pleines de trucs pas jolis-jolis, comme le dernier album de Mylène Farmer...
La grande Melody, mansuétude faite femme, a accepté de changer un Atom Egoyan introuvable en un Paul Anderson plus accessible. Et alors ? D'autres ont bien changé l'eau en vin ! Quoi qu'il en soit, cette gentille série B a, au départ, tout pour séduire: un look pas trop cheap, un casting plutôt cool (la toujours agréable Kathleen Quinlan), et un vaisseau-maison hantée à la gueule taillée pour le rôle.
Sam Neil monte en neige, comme d'autres en pression.
D'où revient le Event Horizon ? De l'Enfer. Le vrai, celui qui ressemble au Hellraiser de Clive Barker, avec les fils barbelés qui coupent, les corps écorchés, le sexe et les cris. Même les Cénobites sont de la partie. Le hic, c'est qu'une fois avalés les quelques flashbacks sympathiques ramenés de l'Autre Côté, il ne reste plus grand'chose à se mettre sous la dent. De citations en pompages, le film paie son tribut à ses illustres aînés (Alien, Aliens et... Alien !), avant d'avouer tout penaud qu'il n'est qu'un film de maison hantée comme un autre. Ni meilleur ni pire. Moi je dis "c'est dommage". Je dis aussi que c'est toujours ça de pris sur le CNC. (!)
Evelyn.
Ps: Melody, niveau score, je suis toujours à la ramasse, avec ce coup. Shoot again ?
DICK PANIC - The Movie
Ils sont flics.
Ils sont noirs.
Et ils ont 48 heures pour le rester.
Bruce Willis - Jason Statham - Eva Mendes-France
26 déc. 07
PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END
Si tu as épuisé les possibilités que t'offrait la prise de Jérusalem, tu peux hisser de nouvelles couleurs et partir affronter les périls des Sept Mers, pour peu que ton vaisseau soit plus rapide que le Hollandais Volant...
Je ne suis pas de ceux qui se plaignent de ce que le renouveau des films de pirates se fasse sous la houlette de Walt Disney. Je suis plutôt de ceux qui jubilent au moment d'acheter Pirates Of The Caribbean 3. J'adore les pirates, leur décorum, leur imagerie. Et j'adore cette trilogie, même si je reconnais quelques faiblesses au dernier opus. Vous avez vu les décors, vous avez vu les costumes, les sfx ? Et les bateaux ? Et tous ces trucs de la mer qui n'existent pas ? Evelyn a huit ans, devant cette clique de maboules qui croisent sur les eaux les plus aventureuses. Et le casting y est pour beaucoup. Surtout Geoffrey Rush. Et Orlando. Quelle midinette, cette Evelyn...
Parler de Pirates... me donne surtout l'occasion de vous conseiller un livre parmi les meilleurs du monde (et pourquoi pas ?), il s'agit des Pirates, de Gilles Lapouge, paru aux merveilleuses éditions Phébus. Lapouge y décortique la figure du Pirate (et de ses dérivés, corsaires, boucaniers...), s'attachant à démontrer qu'il "se dresse d'abord contre l'ordre qui régit la société, mais aussi contre l'image qu'il se fait de la condition humaine". Une lecture fascinante (que l'on peut rapprocher de celle du Hell's Angels de Hunter S. Thompson), une poésie magnifique dont je ne résiste pas à vous livrer les ultimes vers:
"Que retenir de la longue saison pirate ? Ils ont dérivé un instant dans la beauté des choses, sous le poudroiement des lunes en allées, et ils sont morts. Ils furent épouvantables et fraternels, pervers ou compatissants, mais leur noblesse fut de mourir sans vanités: leurs ossements ont été livrés aux sables et aux gouffres, quand leur mémoire s'inscrivait dans les calligraphies du néant. Ces archives de poussière, de cendres et d'os, sont celles des abîmes, le vent de Dieu, déjà, les a dissipés. Là-bas, dans les confins de l'histoire, des hommes faibles et sauvages ont passé. De leurs repaires désertés nous reviennent les échos du vide: ils nous parlent du goût de néant, du goût d'éternité qui dévasta jadis quelques cœurs détestables ou généreux - inconsolés."
MERRY CHRISTMAS, MR TAKAGI
Avant 1988, le Père Noël n'existait pas.
Et puis, Big T., Lawrence Gordon, Joel Silver et ce bon vieux Bruce Willis se sont mis à faire un blockbuster. Depuis 1988, tous mes Noël se passent au sommet du Nakatomi Plaza. J'imagine que c'est ça, l'amour.
Tous les Noël, à deviser gaiement avec Hans Grüber, entre deux détonateurs, à se demander si Roy Rogers arrivera à stopper les voleurs de la diligence... Et s'il neigera un jour des billets de banque, à Los Angeles en décembre. Bref.
Entre deux papillotes ganja-éclats d'amande (avec ou sans pétard), aurez-vous l'amabilité de noter le bulletin qui suit ? J'en suis sûr.
BULLETIN:
Sous la poussée féroce des plus ultras de mes multitudes (c'est à dire celles de mes vies antérieures qui ont la plus grande gueule), les blogs evelyndead et le cinémort font ici la jonction. Longue vie donc à l'hybride machin, et ne vous étonnez pas de rencontrer parfois, à l'avenir, entre deux critiques de film, autre chose.
Evelyn Dead, qui veut tous les jours conquérir le monde.
23 déc. 07
LES CAQUES D'OR 2006
Devant le délire provoqué par la révélation des Caques d'Or 2007, les rédacteurs du blog et moi-même (c'est à dire moi-même, principalement) avons décidé de vous repasser les Caques d'Or de l'année dernière. Et avec le sourire, encore. C'était ça ou Angélique Marquise des Anges.
"LA CAQUE D'OR 2006 (déjà...)
Ici et maintenant même, en fanfare et pour vous révélés, les résultats du grand concours transcontinental du plus mauvais film de l'année écoulée ! Les votants: moi et plusieurs de mes vies antérieures...
Le gratin de l'Ancien Cinéma Mondial se pressait aux portes du 40 Lot. Campagnes du Pesquier, la semaine dernière, pour assister à la remise du trophée (une rognure d'ongle de bronze de plusieurs mètres d'envergure), une cérémonie absente, rappelons-le, de la scène internationale, depuis 1999. La toujours sémillante et vulgaire Mathilde Seignier faisait son entrée au bras (!) de Djamel D. (venu rassurer de son soutien son ami et bienfaiteur Luc B.), tandis que la pornstar Ovidie, parfaite dans un string Dolce et Cabanna, se permettait un happening urologique devant un parterre médusé de journalistes cocaïnés par les bons soins de l'inquiétant Sami Naceri qui, lui, préférait filer avant le palmarès en donnant rendez-vous à tout le monde devant le Mistral, sympathique brasserie aixoise qui comme le Cintra, fait des croque-monsieurs à toute heure. Bref. Une fois tout le monde ca(l)mé, la soirée pouvait débuter.
Le choix de la plus belle Caque devait se révéler cette année plus ardu qu'à l'accoutumée, du fait sans doute de l'absence sur les écrans français d'un film avec Madonna. L'incompressible Luc B. était tout de même justement récompensé pour l'ensemble de sa carrière qui se clôt actuellement en feu d'artifice avec les Minimoys, malheureusement hors-concours pour la Caque pour cause de Mylène Farmer.
Restaient en lice les somptueux Camping de Fabien Onteniente, Des serpents dans l'avion d'un américain, La maison du bonheur de Dany Boone, Prête-moi ta main d'un type, Basic Instinct 2 de Michael Caton Jones, et l'incroyable Bronzés 3 qui devait finalement écoper du Prix Des Jeunesses UMP 2006 remis en personne et sous les huées par notre cher ministre de l'intérieur, Nicolas S.
Tandis que le prix du meilleur CNC/Canal+ allait sans ambigüité à Prête-moi ta main, avec le toujours très bankable Alain Chabat, et que Damien Odoul se voyait remettre le Prix du Maurice Pialat pour l'ensemble de sa carrière à venir, c'est l'inattendu et pourtant si prévisible Je vous trouve très beau qui attrapait le pompon. La réalisatrice, Isabelle Mergault, recevait sa Caque D'or 2006 des mains même du président du CNC, Goro, qui achevait ensuite la soirée d'un mot d'un seul: "Chouette !".
Côté marché du film, les ventes de bouses clôturaient en hausse, puisqu'il fallait toujours ce matin trois caques européennes pour une caque U.S.
Nous vous donnons rendez-vous en 2007 pour une nouvelle remise des Caques d'Or !
Avec un immense plaisir,
Evelyn Dead.
16 déc. 07
LES CAQUES D'OR 2007
C'est dans le plus grand secret, devant un parterre de 16.000 fans hystériques, que se tenait ce samedi, dans le hall de la grande salle viticole de G. (Bouches-Du-Rhône), et au son de la merveilleuse trompette d'André Rochard, la Cérémonie Internationale de Remise des Caques d'Or pour l'année 2007. La toujours stupéfiante Isabelle Mergault (lauréate de la Caque 2006 pour son déboulonnant Je Vous Trouve Très Beau) n'ayant pu se déplacer pour remettre à son tour le prix tant convoité (une rognure d'ongle en bronze d'une belle envergure), c'est à Audrey Tautou, la Petite Princesse du Cinéma Français, qu'échoyait cette année l'horreur de nommer les récompensables.
Sous le regard médusé de plusieurs centaines de gothiques s'étant mépris sur le sens de la soirée, et venus en masse célébrer la Sainte Mylène, Mademoiselle Audrey décachetait avec peine l'enveloppe renfermant la liste des pires films de l'année écoulée. Parmi les petits chanceux, citons en vrac: 2 Days In Paris, de l'affolante Julie Delpy, Shrek le Troisième, Syndromes and a Century, d'un type dont il est impossible de prononcer le nom, Ne Touchez pas la Hache, du pourtant bien vivant Jacques Rivette, 300, de Zack Snyder, et enfin La Vie D'Artiste de Marc Fitoussi (qui écope finalement du Prix 20 Entrées dans la Capitale).
D'une toute petite voix chevrotante (comme elle), Miss Tautou devait finir par désigner le lauréat de ce cru millésimé, il s'agissait bien entendu du sur-favori Un Baiser S'il Vous Plait, de l'impitoyable Emmanuel Mouret, qui ramassait dans le même mouvement le Prix Gériatrie des montures Afflelou. L'héroïne du film, la très smart Virginie Ledoyen devait quant à elle emporter, dans un splendide élan, le très convoité Prix Casse-Noisettes de la plus belle Chieuse Snobinarde (pour l'ensemble de sa carrière).
Au chapitre politique, notons une envolée inattendue du Gad Elmaleh au sujet de la situation des intermittents du spectacle, ces "bons à rien sans goût qui bossent sur nos films de merde mais vont même pas les voir". La Ministre de la Culture, Mamie Nova, s'est blessé les mains à force d'applaudir.
Tout ce beau monde s'est finalement retrouvé pour la photo autour de Goro, le Chef du CNC, de Gérard Depardieu et de Djamel D., avant d'aller se finir au Harley Pub, célèbre bar à bière ouvert jusqu'à 2 heures. Ils y ont d'ailleurs été rejoints par Nicolas S. mais à ce moment-là, les caméras étaient éteintes et personne n'a rien vu-rien entendu.
Fière de ce bilan somme toute sympathique, toute l'équipe de la Caque D'Or (Evelyn et ses vies antérieures) vous donne rendez-vous l'année prochaine, et même vous, les gothiques, ce sera avec plaisir !
Forever Yours,
Evelyn Dead.
14 déc. 07
KINGDOM OF HEAVEN
Je tenais Conan... pour le meilleur film d'aventure. Bon. Je le tiens toujours pour le meilleur film d'aventure, MAIS... Kingdom Of Heaven arrive juste derrière (en seconde position, donc, si tu sais compter).
Quel souffle !
(ce n'est pas Giovanni Ribisi mais bien Orlando Bloom)
Gladiator m'avait soufflé sur grand écran, mais tout s'était dégonflé en DVD. Sur les conseils de mon pote aux jeans trop serrés (ou trop hype, c'est selon...), je me suis procuré à prix d'or et au mépris de dangers dont la variété te filerait le vertige, la version Ultimate Director's Cut de Kingdom... 3h15 d'un truc qui te soulève, et fait se gonfler tes poumons du vent de l'Aventure, la vraie ! Ce film t'offre les croisades et Jérusalem, mon ami, rien de moins ! Et une kyrielle de chevaliers pour te faire la visite: les preux, les gueux, les damoiselles, les brigands, les salauds, les rois, les sarrasins, tous ces types que tu as rêvé d'un jour incarner, en dégainant ton cimeterre invisible ou en faisant tourner au dessus de ta tête ton Excalibur en carton ! Ridley Scott fait aussi dans le contemplatif et le poétique, au détour de quelques séquences magnifiquement éclairées, quant au casting, c'est un autre rêve: Liam Neeson, David Thewlis, Jeremy Irons... Même Orlando, au sujet duquel certains ont cru devoir se plaindre, même lui est parfait !
Grand Bouddha, je peux être Orlando Bloom dans ma prochaine vie ? Ou Ralph Fiennes ?
Ami, il serait si dommage que tu boudes un plaisir renversant, que tu te prives d'un spectacle qui a pour avantage, entre autres, de te rappeler pourquoi tu aimes le Cinéma... Fais-moi confiance, sur ce coup-là.
Allez, vas-y...
ED
Ps: oublie la version cinéma, saute sur le director's cut.
13 déc. 07
SUSPIRIA
La sortie, ces jours-ci, d'un coffret collector réunissant le film remasterisé, un DVD de bonus et le cd de la bande originale, nous donne l'occasion de revoir le chef d'œuvre de Dario Argento. Et de constater à quel point cet opéra baroque et flamboyant, climax d'une carrière en dents de scie, n'a rien perdu de sa force hypnotique, ni de son pouvoir de fascination. Passons rapidement sur le scénario (qui oppose une jeune américaine et une sorcière, la Mère des Soupirs, propriétaire d'une inquiétante école de danse) pour nous concentrer une nouvelle fois sur le magistral travail pictural, qui charge les lumières et les décors somptueux d'une infinie poésie mortuaire.
Peu de films d'horreur peuvent en effet se targuer d'avoir fait l'objet d'un tel soin et d'une telle recherche dans le stricte champ chromatique (on peut penser au Shining de Kubrick, et bien sûr à Inferno du même Argento, mais c'est à peu près tout), avec comme visée et comme réussite, une ambiance en tout point unique. Le film se vit comme un cauchemar kaléidoscopique, dont les prismes se fichent d'une manière définitive dans l'esprit et la mémoire du spectateur, qu'il soit aficionado du genre ou pas. À l'aune de cet écrasant masterpiece, les autres films d'Argento (par ailleurs quelques fois remarquables, surtout la période giallo) semblent inexistants. À l'exception, encore une fois, d'Inferno, la suite chronologique de Suspiria, qui met en scène, dans un hôtel particulier, et dans de magnifiques aplats flashy, une deuxième sorcière, la Mère des Ténèbres, poursuivant dans la même veine et se payant même le luxe d'enfoncer plus loin l'expérimentation. Les deux films peuvent (doivent ?) naturellement s'envisager comme un hommage au Hitchcock de Vertigo. Ils sont surtout le moment et l'endroit où le talent et l'inspiration d'Argento ne peuvent être rattrapés.
Il faut voir Suspiria (et Inferno), si l'on est un tant soit peu concerné par le genre du film d'horreur. Il faut voir le film comme un jalons: quelque chose qu'on a fait, et plus jamais fait par la suite.
E.D.
12 déc. 07
RACHEL WEISZ
Rachel Weisz est bien plus qu'une Drôlesse. C'est une comédienne dont on pourrait tomber éperdument amoureux, si l'on n'y prenait garde. Et il faut se garder de tomber pour les filles sur l'écran. Après, on est malheureux.



La moue boudeuse, la marque des grandes.
THE CONSTANT GARDENER
Celui-là est un vrai film de monstres - les labos pharmaceutiques, et certains d'entre vous savent ce que je pense de ces pauvres types. C'est dans le même temps un mélo terrible, plus ravageur encore que Le Patient Anglais. Ralph Fiennes et Rachel Weisz sont parfaits. Ralph Fiennes est toujours parfait.
Je n'ai jamais su résister à un bon mélo, ce doit être mon cœur de midinette. Le film de Fernando Meirelles est bien plus que ça, c'est une œuvre qui vous révolte, vous bouleverse, vous retourne et pour finir, vous tire toutes les larmes.
Justin Quayle est un diplomate anglais posté en Afrique, et le plus fade qui soit, uniquement préoccupé du sort des plantes qu'il cultive avec patience. Sa femme Tessa, bouillante jeune avocate, se voit en David et s'attaque, à l'insu de son mari, à un labo-Goliath qui teste ses poisons sur la population. Lorsque assassinée elle sera mise en terre, et que pousseront sur elle de belles fleurs africaines, alors seulement Justin l'effacé prendra-t-il la mesure de son aveuglement, en même temps que le flambeau de la lutte. Jusqu'à remonter le chemin vers son amour, et retrouver l'indomptable Tessa sur les rives sublimes d'un lac du désert.
Le sujet, ultra-contemporain, donne l'occasion d'un réquisitoire implacable. La mise en scène, époustouflante d'inspiration, nous laisse voir, quant à elle, l'abime qui peut séparer certains réalisateurs parmi les moins frimeurs (Meirelles, ici, mais on pense également à Paul Greegrass) de l'immense majorité de leurs coreligionnaires - mot compte triple. Il faut voir la manière qu'à Meirelles de jouer du tremblement de sa caméra, ou de ses changements de mise au point, pour enfoncer un peu plus son mélo dans un terreau documentaire qui doit lui être aussi naturel que l'air qu'il respire. Il faut voir ce que les monteurs font à partir de son découpage, pour imaginer leur jubilation en salle de projection. Et il faut voir ce que les comédiens donnent au film, pour comprendre le poids de leur conviction. Certaines séquences, comme celle du camp de réfugiés, sont tétanisantes de virtuosité, de nervosité, d'urgence, et Pete Postlethwaite est un géant, comme d'habitude.
Mettez de côté ce que l'affiche du film vous suggère. The Constant Gardener est l'un des films les plus importants de la décennie écoulée. Oui.
Evelyn Dead (un peu exaltée, je le confesse)















