24 janv. 08

"TO ESCAPE ! IN ONE FORM OR ANOTHER..."

VORACE, de Antonia Bird.

Si j'émargeais chez ces pitoyables baudruches de chez Allocine.fr, je vous sortirais tout de go: "attention, pépite !" Ouais ! Emballez, c'est pesé !... Seulement, je gagne pas ma vie à me gratter les c... à la machine à café, moi. Je bosse, moi. Je réfléchis. Et quand je vois un film de ce calibre, je réfléchis deux fois plus. Ça s'appelle du respect. Le respect, c'est ce que je vous dois.

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Tu veux qu'Evelyn te prédise l'avenir ? Tu veux jeter un oeil dans l'abîme ? L'Homme finira par se bouffer lui-même. De manière industrielle, je veux dire. Et tu peux me citer. Si tu traces une ligne qui part de Soleil Vert (1973), traverse Massacre à la Tronçonneuse (1974), parcours les films de zombies de Romero et rejoint Vorace (1999), et si tu suis cette ligne sans la perdre du regard, tu verras bien où elle te même: droit vers ma prophétie. Trop de monde sur Terre. La Croissance n'est pas infinie, et le point d'orgue, le climax de la folie consumériste née du capitalisme, c'est le cannibalisme. Déjà au figuré, depuis de nombreuses décennies, mais très bientôt au sens propre. Voilà pour le volet politique du film de Antonia Bird. En un seul plan, encore: Ives le mangeur d'hommes explique à Boyd que bouffer son prochain est LA solution, que c'est inéluctable, et tous les deux sont serrés poitrine, à deux dans le même cadre, avec au milieu, dans le fond du champ, le drapeau américain. Tout simplement. Le pays-roi de la consommation, désigné premier anthropophage de sa population, de sa société. Imparable. Mais Vorace, ce n'est pas que ça. C'est aussi un très bon scénario gothique, qui fait bien peur, c'est un casting ad hoc, c'est du mysticisme indien fondu dans du gore sympathique, c'est du film de vampire, c'est des chouettes images enneigées, Vorace ça n'arrête pas, c'est plus stimulant que de la coke. Et en plus, tu l'as payé quatre euros chez Gifi, alors, t'as aucune raison de passer une journée de merde.

Dans Vorace, tout le monde essaie d'échapper à sa condition. Et tout se résume à ça: "manger ou jeûner, vivre ou mourir."

Evelyn Dead.

Posté par Evelyn Dead à 13:36 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur "TO ESCAPE ! IN ONE FORM OR ANOTHER..."

    J'adore Massacre à la tronçonneuse de Hoper, mais j'aime bien aussi, le dernier, de Marcus Nispel !

    Posté par Tietie007, 24 janv. 08 à 14:04 | | Répondre
  • Putain ça fait deux billets coup sur coup que tu fais une analyse sérieuse. Voilà qui revigore mes petits neurones rouillés.

    Posté par Sébi, 24 janv. 08 à 16:30 | | Répondre
  • Vorace...
    je n'ai pu rester qu'une demie heure devant, avant de craquer et de filer de la salle. Mais j'étais djeune et sensible à cette époque. Maintenant que mon cuir est fait, ta critique me donne envie de recroquer de ce film et je m'en lèche les babines d'avance!

    Posté par Melody, 25 janv. 08 à 00:25 | | Répondre
  • Et si on demandait à Peter Weir ce qu'il pense du film ?

    En tout cas, moi je retiens que tu dis que le cannibalisme est propre...

    Posté par Aurel', 25 janv. 08 à 14:49 | | Répondre
  • On comprend pourquoi Harrison Ford est allé faire de la glace dans la jungle... Manger son prochain, d 'accord ; mais à condition de trouver un bon pinard qui va avec.
    Autrement dit : le cannibalisme oui, mais avec un bon Saint-Esthèphe 1983 !

    Posté par Jénorme, 31 janv. 08 à 18:22 | | Répondre
  • Marrant cette référence à Soleil Vert, moi je pense souvent à ce film quand je suis dans des réunions ou on nous projette des films d'entreprise avec des images de nature et de montagne alors qu'on est dans un sous sol du CNIT.

    Mlle Dusk

    Posté par dusk, 08 févr. 08 à 22:20 | | Répondre
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