25 janv. 08
LA REINE DES VAMPIRES DE L'ESPACE...
... est aussi la Mère des Drôlesses !
Saluons comme elle le mérite l'IMMENSE MATHILDA MAY, en 1985, dans Lifeforce, de Tobe Hooper.
J'sais pas quoi ajouter, elle me coupe le souffle, à chaque fois.
Arf.
24 janv. 08
"TO ESCAPE ! IN ONE FORM OR ANOTHER..."
VORACE, de Antonia Bird.
Si j'émargeais chez ces pitoyables baudruches de chez Allocine.fr, je vous sortirais tout de go: "attention, pépite !" Ouais ! Emballez, c'est pesé !... Seulement, je gagne pas ma vie à me gratter les c... à la machine à café, moi. Je bosse, moi. Je réfléchis. Et quand je vois un film de ce calibre, je réfléchis deux fois plus. Ça s'appelle du respect. Le respect, c'est ce que je vous dois.
Tu veux qu'Evelyn te prédise l'avenir ? Tu veux jeter un oeil dans l'abîme ? L'Homme finira par se bouffer lui-même. De manière industrielle, je veux dire. Et tu peux me citer. Si tu traces une ligne qui part de Soleil Vert (1973), traverse Massacre à la Tronçonneuse (1974), parcours les films de zombies de Romero et rejoint Vorace (1999), et si tu suis cette ligne sans la perdre du regard, tu verras bien où elle te même: droit vers ma prophétie. Trop de monde sur Terre. La Croissance n'est pas infinie, et le point d'orgue, le climax de la folie consumériste née du capitalisme, c'est le cannibalisme. Déjà au figuré, depuis de nombreuses décennies, mais très bientôt au sens propre. Voilà pour le volet politique du film de Antonia Bird. En un seul plan, encore: Ives le mangeur d'hommes explique à Boyd que bouffer son prochain est LA solution, que c'est inéluctable, et tous les deux sont serrés poitrine, à deux dans le même cadre, avec au milieu, dans le fond du champ, le drapeau américain. Tout simplement. Le pays-roi de la consommation, désigné premier anthropophage de sa population, de sa société. Imparable. Mais Vorace, ce n'est pas que ça. C'est aussi un très bon scénario gothique, qui fait bien peur, c'est un casting ad hoc, c'est du mysticisme indien fondu dans du gore sympathique, c'est du film de vampire, c'est des chouettes images enneigées, Vorace ça n'arrête pas, c'est plus stimulant que de la coke. Et en plus, tu l'as payé quatre euros chez Gifi, alors, t'as aucune raison de passer une journée de merde.
Dans Vorace, tout le monde essaie d'échapper à sa condition. Et tout se résume à ça: "manger ou jeûner, vivre ou mourir."
Evelyn Dead.
22 janv. 08
MOSQUITO COAST
Peter Weir est un artiste, un vrai. Avec une vision du monde. Donnez-lui la recette du gâteau aux yaourts, il vous fera le machin et vous y trouverez encore sa vision du monde. En d'autres termes, tous ses films parlent de la même chose, et pose une seule et même question, avec récurrence, acharnement, et angoisse: quelle place, s'il y en a une, pour l'Homme Blanc dans la Nature ?
Sous ses allures de fausse quête adolescente (un jeune garçon doit remonter la rivière pour voir mourir son père et renaître au monde), Mosquito Coast ose une réponse éminemment déprimante. L'Homme Blanc n'a plus sa place ailleurs que dans les taudis qui composent sa société civilisée.
Allie Fox (HARRISON FORD, en majuscules, s'il vous plaît) est un inventeur génial qui veut fuir une Amérique dénaturée et construire son paradis fantasmé au milieu de la jungle. Là où les nécessités les plus immédiates et évidentes - un toit, à bouffer - guideront ses actions. Il achète une ville fantôme, somme de cases en tôles brinquebalantes, et s'y transporte avec femme et enfants. Tout semble rouler jusqu'à ce que l'esprit en perpétuelle ébullition d'Allie n'accouche sur place d'une machine à faire froid. Ce péché d'orgueil lui sera fatal, et il se verra chassé de son Eden, sans espoir de retour nulle part. Il faut dire que son Frankenstein fait plusieurs mètres de haut et qu'à grands renforts de produits chimiques il fabrique des pains de glace. Dans la jungle ! Pour Peter Weir, l'analogie est sans ambigüité: l'Homme Blanc, perché sur son omniscience et une foi arrogante en lui-même, n'est rien d'autre qu'une aberration que la Nature a tôt fait d'expulser dès lors qu'elle se sent menacée. La machine d'Allie finit par exploser, ravageant les alentours, contaminant la rivière, et lorsqu'un peu plus tard les Fox tentent de se reconstruire un abri à partir des rebuts de la marée (du plastique, tout ce que la Nature ne digère pas), ils sont encore une fois rejetés, repoussés par la montée des eaux ajoutées à une tempête purificatrice.
C'est à tort, à mon sens, que Mosquito Coast se laisse voir comme une lecture contemporaine du mythe chrétien du Jardin D'Eden (aux simples d'esprit le royaume de Dieu, et gare à tes miches si tu touches au fruit défendu, à savoir la Connaissance). Comme c'est le cas dans le reste de son oeuvre, un puissant mysticisme baigne le film de Peter Weir, mais c'est bien de Mère Nature dont il est question, la Mère de Tout, et pas d'un quelconque dieu d'émanation humaine. Si Allie Fox se voit condamné à l'errance, ce n'est pas tant parce qu'il a voulu s'approprier le pouvoir Naturel, mais bien parce qu'il s'est cru autorisé à en contredire les règles: en changeant les choses de place, en en modifiant l'ordre, en créant de la glace dans la jungle. L'Homme Blanc, selon Peter Weir, comme une aberration dans la Nature. Enfin, c'est ce que je pense ce soir.
Evelyn Dead (qui se fout pas de vot' gueule avec des critiques à deux balles)
21 janv. 08
FRANK FRAZETTA
Frank Frazetta est éminemment reconnu comme le meilleur illustrateur du personnage de Conan le Barbare. Mais ce n'est que le sommet d'un iceberg dont la qualité est sans borne. Frank Frazetta est le meilleur illustrateur de fantasy (qu'elle soit heroic ou autre), chaque contemplation de l'une de ses œuvres est égale pour moi à la lecture d'un roman d'Aventure. Rien n'est plus stimulant pour l'imagination que ses dessins et peintures, et rien ne donne plus envie de se mettre à écrire des histoires ! Je vous laisse en compagnie de certains de ses personnages, dans des décors de rêve, en espérant, si ce n'est pas déjà le cas, que vous serez conquis.
Sacré rital, va !
20 janv. 08
DEATH PROOF
Vu et aimé le dernier film de Quentin Tartàpoil. Une espèce de truc vraiment débile qui fait un peu penser à du Russ Meyer, mais qui laisse tout de même affleurer une certaine subtilité.
Une bande de nanas apparemment pro-70's mais dont l'engagement ne dépasse pas le look du t-shirt, se paie une virée. Plutôt incultes en cinéma, elles n'ont aucune idée d'à quel point les films de l'époque peuvent être mortels. En rencontrant Stuntman Mike, un cascadeur à la retraite, elles vont en faire la cruelle expérience.
Stuntman Mike (Kurt Russel, parfait. Comme d'hab'.) précipite son bolide contre la bagnole des nanas, et c'est la fin de la première moitié du film. Commence alors un remake de ce qu'on vient de voir, à ceci près que les nouvelles proies du cascadeur timbré sont non seulement de la partie (cascadeuses également) mais surtout pros du cinéma 70's, spécialement la branche indépendante responsable de chefs d'œuvre tels que Vanishing Point ou Electra Glide in Blue (chroniqué dans ces colonnes). Au volant d'une authentique star du film de course-poursuite, les filles de la seconde fournée vont retourner la situation et tout ça finira par une tournée de mandales dans la gueule, et pis voilà. Débile. Mais subtile aussi, dans sa métaphore du cinéma 70's "plus fort que toi" (comme Sega, tiens...), et si t'y connais rien, tu peux pas survivre, et tout ces trucs... Bon, on donne une note ? Non, j'ai la flemme.
Ça me fait penser à cette chanson de Dire Straits... If you wanna run cool, you got to run on heavy, heavy fuel...
Evelyn Dead.
19 janv. 08
DE PROFUNDIS
Oui, j'exagère.
Mais c'est MON blog.
Toujours est-il que je suis bien vivant. I survived the blast, comme dirait l'autre. Et pour ceux que ça intéresse vraiment, ça y est, on peut dire que je suis premier assistant. Cool.
Et dans ma voiture, je me disais: "mais pourquoi Michael Mann il a pas mis Doctor Beat, de Miami Sound Machine, dans la b.o de son Miami Vice ? Hein, pourquoi ?
12 janv. 08
"JE NE SUIS PAS MORT, JE DORS"
Comme le chante si bien MICHEL.
De l'autre côté des roches ocres de l'Esterel majestueux, certaines âmes chagrines veulent ma tête. La peste soit des coeurs sans humour et des esprits sots ! Le Diable leur rôtisse les miches ! (Si vous voulez des noms, des adresses, envoyez-moi un mail.)
Or donc me voici vendredi soir sur l'autoroute, bravant la colère céleste et les poids-lourds idiots, m'en retournant le plus vite possible auprès des miens, dont l'un d'eux fête aujourd'hui sa première année. Dans mon fidèle iPod, un mix de morceaux pas dégueus. Et soudain, dans ma caboche, cette réflexion: au point où nous en sommes, vous et moi, autant commencer à s'échanger des intimités. Vous ne croyez pas ? Par exemple, une chanson disco à laquelle JE NE PEUX PAS résister:
- Goodnight Tonight, des Wings (23 mars 1979)
Tu veux voir Evelyn se démantibuler les rotules ? Trouve le bon jukebox.
Ma collec' de 45 tours ? 600 pièces.
Meilleure chanson des Guns'N'Roses ?
- Superstitious, de Europe (1988). Tu croyais que c'était Rocket Queen ? Ben non.
Meilleur slow du monde ?
- Monaco, 28° à l'ombre, de Jean-François Maurice (1978).

(j'emprunte la photo à Bide et musique, mais tu penses bien que j'ai le disque en plusieurs exemplaires et avec les pochettes différentes...)
Tu n'as pas envie de rejoindre la Drôlesse sur la pochette ? Evelyn, si. Et tiens, je ne résiste pas à l'envie de te faire partager la poésie de ce titre:
Lui :
Monaco,
28 degrés à l'ombre
C'est fou, c'est trop
On est tout seuls au monde
Tout est bleu, tout est beau.
Tu fermes un peu les yeux, le soleil est si haut.
Je caresse tes jambes, mes mains brûlent ta peau.
Elle :
Ne dis rien,
Embrasse-moi quand tu voudras
Je suis bien,
L'amour est à côté de toi.
Lui :
On est bien (...)
On reparlera musique un de ces soirs.
Je tire encore une semaine à Nice. Monde de merde.
E.D.
02 janv. 08
JUSTE UN TYPE

Et si vous n'en croyez rien, demandez à Melody où elle a eu cette photo.
01 janv. 08
COPINAGE
Les éditions Dans Ton Kulte nous gâtent en cette fin d'année avec la sortie ultra-masterisée d'EMBRASSE-MOI MORTELLEMENT, chef d'œuvre parmi les plus décriés du réalisateur français, et qui est présenté ici dans un coffret agrémenté de somptueux bonus dont deux films jusque ici introuvables, les vertigineux RIGOR MORTIS et NECHROMATIC. Si le corpus du réalisateur se place définitivement sous le signe de l'inquiétante étrangeté, la redécouverte d'EMBRASSE-MOI... souligne ce que cette étrangeté doit à la connivence d'avec le groupe d'action culturelle absurde Le Liquide De La Tête (dont on attend d'ailleurs avec impatience que la Cinémathèque Française lui consacre une digne rétrospective). Bref.
Si le sujet d'EMBRASSE-MOI... peut au départ dérouter (un suicidé amnésique finira par se jeter par la fenêtre), la maitrise formelle qui se déploie au fil de ses séquences n'en finit pas de remplir de circonspection. "Comment fait-il ?" est la question qui revient en boucle dans l'esprit du spectateur, avant que celui-ci ne finnisse par mettre le doigt sur le nœud du problème. Et nous nous garderons bien ici de vous livrer quelque clé que ce soit. Rappelons simplement pour mémoire l'ébouriffante séquence au cours de laquelle l'une des hallucinations du "héros" perd littéralement la tête. Une mise en abîme exemplaire, un sujet d'étude sans fond pour tout étudiant désirant appréhender sérieusement l'objet cinéma.
RIGOR MORTIS (présenté en version originale dans une langue que personne au Cinémort n'a réussi à déchiffrer) pulvérise quant à lui, en quatre petites minutes à peine, toutes les frontières du cinéma narratif. Si le sujet du métrage reste le hors-champ, c'est surtout à une expérience sensorielle ultime que nous convie son réalisateur, expérience par ailleurs souvent insupportable. Heureusement, le film est court. NECHROMATIC (autre objet de culte totalement invisible depuis sa création) de son côté fait très mal aux yeux, en même temps qu'il se présente comme une leçon expérimentale.
On l'aura compris, s'il est un achat à faire en cette période de vaches folles (maigres aussi), c'est bien ce coffret douze DVD qui sort dans quelques jours (les disques additionnels étant consacrés à une interview absolument fleuve du réalisateur qui revient sur les heurts de sa carrière tout en en dévoilant finalement peu de chose. Remarquable).
39,99 euros, prix vivement conseillé.
E.D. (et tout ça en vous souhaitant une bonne année, bien sûr)












