Le Cinémort

Le Cinéma est mort, vive le CINÉMORT !!

30 mars 08

CHAPITRE 9: SOLEIL DE CRISTAL

Où l'on s'interroge sur le sens du mot "ringard".


À un moment dans la vie (en général sur l'autoroute, entre Nice et Gardanne), je n'ai plus qu'un seul ami: mon iPod. Et tandis qu'il me balance aléatoirement l'un des 3887 morceaux qui feront bien éclater sa panse, je me prends à partir au plus intime de moi-même, dans une rêverie sublime qui me promène dans mes tréfonds, en passant par les hauts plateaux de la plus belle Irlande. Bon.
Tu sais comment ça se passe, les gens m'arrêtent dans la rue pour me poser des questions, et très souvent celle-là: pourquoi les 80's ?
À la volée, une réponse à trois têtes:
        - Vélomoteur, par Les Calamités.
        - Cache-Cache Party, par Pijon*.
        - Clouds across the moon, par Rah Band.
Ce qu'on écoutait dans les années 80, tu ne l'entends plus, maintenant. (!) Et crois-moi ou pas, mon iPod, qui me connaît bien, m'a enchaîné les trois morceaux juste avant le péage de Fréjus !
Tu as re-écouté Clouds across the moon, récemment ? Au casque, vas-y, et tu verras le truc, la bombe mortelle, la défonce terrible ! Le mec qui a écrit ce morceau a été arrangeur pour les Beatles. C'est sa nana qui chante. Sur les forums de bide-et-musique.com ou ceux de Flash80.com consacrés à certaines chansons, tu en apprends de belles. Par exemple, tu savais que Jérôme Pijon est Dj au "Favela Chic" à Paris sous le pseudo "Gringo da parada" ? Moi non plus ! Et je te lance un défi: aller le trouver, avec moi, un de ces quatre, pour lui faire dédicacer le 45 tours !

Il y a un moment dans ta vie, dans ta journée, dans ta semaine, où la musique que tu aimes est la personne qui te connaît le plus intimement. Celle qui sait tous tes spleens, et tous tes élans, celle qui te connaît peut-être mieux que toi-même. Et celle qui se souvient de ce que tu avais même fini par oublier. Rien d'autre au monde ne reproduit ce prodige.

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Parfois, les gens essaient de me coincer, et ils ont un bon angle d'attaque, le meilleur, s'imaginent-ils. Ils me demandent: pourquoi Michel ?
Ah, Michel... (soupir)

Mon iPod va des Calamités à Frank Zappa, en passant par les variations Goldberg, John Coltrane et Lee Scratch Perry, et je te parle pas de la musique traditionnelle chinoise ou japonaise, mais BON DIEU, POURQUOI MICHEL ?
Mes parents n'étaient pas shootés à Leonard Cohen ou aux Sex Pistols. Mes parents, eux, leurs héros, c'étaient Claude, Joe ou Michel. C'est comme ça. Et qui sommes-nous pour nous moquer de ça ? Des saints luminescents ? Des chiures de mouches ?
Michel, ça a été ma berceuse, de zéro à neuf ans. Alors, tu vois, écouter Michel, on me dit "tu peux pas", mais moi je dis que je peux. C'est ne pas écouter Michel que je peux pas. Écouter Michel, c'est faire la preuve, jour après jour, 45 tours après 45 tours, de mon indépendance et de mon ouverture d'esprit musical. C'est communier avec ma petite enfance, c'est payer mon tribut au gosse que j'ai été. Et c'est aussi m'en payer une bonne tranche, parce que question conneries, c'est pas le dernier, Michel. Mais putain, la Java de Broadway, ça te donne pas envie de picoler ? De te marrer ? De danser en faisant le con avec tes copains ? Quand on est dix ou douze, quand les verres s'entrechoquent, on ne voit plus les problèmes, c'est pas un programme de vie, ça ? C'est pas un programme présidentiel ? Tu as vu comme tu le tiens à distance, le futur miteux, avec un truc pareil ? Et la Mort, tu lui fais pas la nique ? Tiens, elle peut toujours nous chercher, la Gueuse, avec sa grande faux, elle nous trouvera pas, on sera au bistrot, serrés les uns contre les autres, on se tiendra chaud, on rira fort, et les mécréants, les salopards, les types de l'UMP resteront dehors à se les geler, et on rira encore plus fort !...
Oui, je sais. Futé comme tu es, tu n'auras pas manqué de relever cette dernière ironie dans mon discours. Michel. Il vote UMP. Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Que tout est foutu ?
Je tape "dico" sur Google, histoire de vérifier un truc.

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin ringard
/ʁɛ̃.ɡaʁ/
ringards
/ʁɛ̃.ɡaʁ/
Féminin ringarde
/ʁɛ̃.ɡaʁd/
ringardes
/ʁɛ̃.ɡaʁd/

ringard

  1. (Familier) Démodé, de mauvais goût. Médiocre, incapable.
    Ses tenues ringardes font partie de son personnage.

Dérivés

Nom commun

ringard masculin

  1. (Familier) Personne qui n'est plus dans le coup, démodée.
    Ma mère est une vraie ringarde, elle ne voit pas que tout a changé!
  2. (Familier) Personne médiocre, incapable.
    C'est un ringard, mais il est sympa.

Ben voilà, la messe est dite, on dirait.

Posté par Evelyn Dead à 22:16 - CONQUÉRIR LE MONDE - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 mars 08

NO COMMENT

Scarlett_Dos_nu

Ah si, tiens. Les sandwichs de chez Subway, c'est nul.

Posté par Evelyn Dead à 21:14 - LA DRÔLESSE - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mars 08

FUTURAMA

La personnalité du Boubou perce enfin. À l'instar de ses parents, il envisage une carrière d'intermittent du spectacle. Il ne sait seulement pas encore dans quel domaine.

Il sera Sting...

DSC_3851

Ou Luke Skywalker.

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Sinon, il mange bien.

Posté par Evelyn Dead à 14:06 - CONQUÉRIR LE MONDE - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 08

LA TÊTE AU CARRÉ

Go lightly down your darkened way
Go lightly underground
I'll be down there in another day
I won't rest until you're found

(Salman Rushdie)


Je reviendrai à Montréal, dans un grand Boeing bleu de mer, j'ai besoin de revoir l'hiver, et tout ça, mais ça sera surtout quand je n'aurai plus besoin d'argent. En attendant, puisqu'il faut bien bosser pour payer la TVA sociale que le Chef nous prépare, je reviens à Nice, et Nice, ça y est, j'ai compris un truc.
Au crépuscule, lorsque la Promenade s'illumine et que le niçois remonte bien haut le col de son manteau, la mer sombre dans les ténèbres et prend une chouette couleur noire. Je sais que le noir n'est pas une couleur, tu me prends pour qui ?

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Donc, lorsque la mer est noire, ça fait comme un grand trou devant Nice et c'est comme si la Terre s'arrêtait là, comme si on était tout à coup au bord du Monde, au bord de rien, si tu préfères, le Grand Rien tout profond et si tu fais tomber tes clés de bagnole, tintin pour les récupérer.
Et là, avec en bande son un morceau terrible de Bono, qui s'intitule (le morceau) Never Let Me Go, je me mets à penser que par contagion, tu vois, à la nuit tombée, la ville de Nice disparaît, elle aussi. Elle devient du Rien, elle cesse, comme qui dirait, d'exister, d'être réelle. C'est fou, c'est trop. Tous ces gens, tous ces immeubles qui défilent derrière les vitres de ma 206, du Rien, du virtuel. Un grand jeu vidéo, et les manettes sont dans ta tête.
...
La chambre 633 est calme, selon le type derrière son desk. Résultat, tous les matins à six heures, je me lève pour disjoncter ce putain de coffret électrique qui claque sa mère sans respect pour mon sommeil ! Et je ne parle pas des deux plombes avant de trouver une place de parking !

Ville de merde.

ED

Posté par Evelyn Dead à 17:17 - CONQUÉRIR LE MONDE - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 08

KOMODO

Comme tous les ans, le jeune Patrick Connally retourne sur une ile vaguement paradisiaque que ses parents (qui font sûrement un chouette métier) partagent avec une compagnie de forage pétrolière. Malheureusement, ce soir-là, tout ne se passe pas comme d'habitude. Alors que Patrick, qui souffre d'un manque évident de Playstation 3, est sorti dans la brousse chasser le lézard à la ficelle (véridique), ses parents, et son chien aussi, sont pris à parti par des indigènes vindicatifs venus là réclamer leur part du gâteau.

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Un indigène, en vrai. Dans le film, ils sont de moins bonne humeur.

Après la mort de ses parents, Patrick sombre. Jusqu'à ce qu'une psy qui se la joue un peu, mais qui joue très mal, en fait, ne vienne le trouver pour lui proposer un deal d'enfer: elle le ramène dans l'ile maudite, et lui, il lui raconte ses rêves.

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La psy, mortelle, auprès de qui je viens de commencer une thérapie.

Patrick accepte le deal et, faute de PS3, retourne sur l'ile.
Une fois sur place, les choses dérapent. Comme disait John Lennon, la vie, c'est ce qui arrive quand on a prévu quelque chose. C'est la vie, quoi.
Malmenés par les indigènes toujours en rogne et qui bloquent LA route de l'ile avec leurs piquets de grève, nos héros (Patrick, sa bombasse de psy, un type ramassé dans un champ et un autre type + un type mort) trouvent refuge dans une buanderie (!) mais, vite !, il faut en sortir car la suite du film se passe dehors avec un gros hélicoptère et c'est bientôt la fin, d'ailleurs, tu ferais bien de remettre la main sur le ticket du parking, on va encore chercher la bagnole pendant des plombes.
Soudain, tout s'éclaire. L'un des bonshommes est biologiste et il explique à la psy que les varans de Komodo supportent en fait très mal la hausse du prix du baril, et que tout ça, c'est la faute à la compagnie pétrolière dont tu peux parier qu'elle se fait un max de thunes en polluant la rivière.
À la fin du film, je me suis fait un cassoulet en boite.

B O N U S (comme dans les DVD)
On sait maintenant que Casimir est bel et bien un varan de Komodo, et non pas un type dans un costume vert. Merci, Komodo.

komodo

Et à la demande générale, une dernière photo de la psy la plus cool et la plus hot du monde ! Yeah, babe !!

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Comme quoi...

ED

Ps: retrouvez une autre critique de Komodo .

Posté par Evelyn Dead à 20:00 - Ouh, la la... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 08

FATE NEVER CHANGES

Halloween, 1979, de John Carpenter.


Soleil de cristal
Soudain se déchire
Douleurs écarlates et soupirs
Atlantique avait peur des vampires

Soleil de cristal
Doucement s'est couché
Sur un ciel de sang et d'or
Un éclair a transpercé son corps

Bouche à bouche
Croque une chair
Corps à corps
En courant d'air
Pas vu pas pris
Cache cache party

Les vampires vont-ils en enfer?
Atlantique a peur de s'y plaire
(Cache-Cache Party, Pijon, 1986)


Qu'est-ce qu'un conte de Fée pour adulte ? Un compte de Sexe et de Mort. Et La Nuit Des Masques, en plus d'être l'un des meilleurs films de Carpenter, est l'un des meilleurs contes pour adulte qui se puisse trouver...

halloween


La jeune Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) est une oie blanche, dans son village d'Haddonfield. Elle ne boit pas, ne fume pas, ne jure pas, n'a aucune relation sexuelle avec aucun petit ami. Pour ses copines plus délurées, c'est là tout le problème, il faut un garçon pour Laurie. De préférence, un timide, quelqu'un qui soit comme elle, mal à l'aise avec l'idée du vice.
Premier niveau de lecture possible du conte d'Halloween: la fable violemment conservatrice. Si Michael Myers et Laurie Strode sont faits l'un pour l'autre, c'est parce qu'ils sont vierges tous les deux, exempts de toute sexualité dans une Amérique à bout de souffle qui arrive enfin au terme d'une décennie vouée toute entière à la libération des mœurs. Traumatisé quinze ans auparavant par la nudité assumée de sa sœur, le tueur au masque va de meurtre en meurtre revivre sa séquence fondatrice, jusqu'à remonter vers sa promise à qui il offre en gage, les corps nus et martyrisés de ses amies vicieuses. Halloween comme prémonition du Sida: si tu couches, tu meurs. Avec en prime, un long couteau comme phallus létal.

Deuxième niveau de lecture possible: la démonstration de la force du Destin. Lorsque Laurie pose pour la première fois les yeux sur Michael Myers, à travers la fenêtre d'une salle de classe, elle est en cours de littérature. Son professeur la rappelle à l'ordre et lui demande de résumer la conception du Destin de l'auteur qu'ils étudient ce jour-là (Samuels): "le Destin comme cinquième élément naturel après l'eau, l'air, la terre et le feu; un Destin personnifié, immuable comme la montagne qui reste quand l'homme passe". Un portrait du tueur au masque, cette masse de furie qu'on ne peut remettre en cause, et dont rien ni personne ne peut infléchir la course.
Michael Myers personnifie le destin de Laurie Strode, un destin "immuable, qui ne change jamais", mais quel est-il exactement ? Sans doute un destin fait d’angoisses et de frustrations sexuelles. Laurie est vierge, elle n’a pas de petit ami, et celui qui contre son gré lui est promis est un tueur au long couteau. Pourquoi pas ? Sauf que le couteau est vraiment trop gros, et qu’elle est incapable de l’accepter dans son corps, elle en saignerait à mort. Comme ses copines qui ont « couché » avant elle avec le tueur et se sont vidées. Laurie est condamnée par son implacable, son immuable Destin à courir en hurlant, sous peine d’être remplie et d’en mourir.


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Cette nuit d’Halloween, à Haddonfield, une adolescente américaine vierge et effarouchée, a rendez-vous avec son premier amant, et plus rien ne sera comme avant. Michael Myers, comme figure du Destin et de l’Angoisse sexuelle, se dématérialise et reviendra sans cesse hanter Laurie Strode, tel est le sens de la disparition inexplicable du corps du tueur censément mort, dans les derniers instants du film.

 


Evelyn (qui devrait faire plus de sport)

 

Posté par Evelyn Dead à 13:03 - ALL TIME FAVS - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 08

BACK TO MY ROOTS

Je devais avoir une douzaine d'années. Pour un jeune cinéphile, Canal+ et ses films d'horreur trois samedi par mois, c'était comme Noël tous les week-ends. En passant, chez moi, il n'y avait pas de télécommande à la télé, pas de magnétoscope, pas d'ordinateur et bien entendu, pas de Ipod, pas de téléphone portable, et pas de console de jeu vidéo. Tout se passait dans la tête, ou à la radio.

ALIENS


De l'autre côté de la rue, en face de chez moi, il y avait ce jeune type, dix-huit, dix-neuf ans, vaguement chômeur, dans mon souvenir, mais qui adorait les gosses du lotissement ET les films d'horreur. Certaines fois, il nous invitait, ma bande et moi, nous étions cinq ou six, et l'après-midi filait devant sa téloche et ses cassettes vidéo, il nous hypnotisait avec des classiques comme Alien, Hurlement ou Chromosome 3, quand il ne nous traumatisait pas définitivement avec des machins italiens à gerber, du style de Anthropophagous (1980, de Joe D'Amato, n'y allez pas, surtout...) Je lisais Mad Movies ou l'Écran Fantastique, quand j'avais l'argent et le courage de les acheter. Et sur les murs de ma chambre s'étalaient Madonna et Freddy Krueger ou Jason.
Lorsque Aliens est sorti, c'était un tel truc, j'ai enragé de ne pas avoir l'âge. Il y est allé. Au retour, dehors, appuyé sur le capot de la voiture de ses parents, il m'a raconté le film, je n'ai jamais oublié ce moment. Je ne sais pas pourquoi.
Tout ça pour dire que ce blog, au départ, c'est pas Boy Meets Girl, c'est plutôt Monster Meets Pin-Up. Il était juste temps de retrouver la bonne ligne éditoriale. C'est fait.

Evelyn DEAD.

Posté par Evelyn Dead à 13:08 - LE CINEMORT - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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