Le Cinémort

Le Cinéma est mort, vive le CINÉMORT !!

02 mai 08

LA BEAUTÉ INSPIRE L'OBSESSION

Et j'y crois.
Dans "La Jeune Fille à La Perle", il y a une scène terriblement érotique. Vermeer contemple sa bonne, alors qu'elle pose pour lui. Observant son visage et la lumière qui s'y reflète, il lui demande soudain d'humecter ses lèvres. Lick your lips, lui dit-il. Pudique, excessivement impressionnée, la jeune fille mouille sa lèvre inférieure, qui se met à luire sous la lumière, Vermeer est fasciné. Il lui demande de le faire encore. Et encore. Tout est dans ce "encore".

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17 avr. 08

LES CHRONIQUES DE RIDDICK

Alors là, mon gars, ça va te décoiffer la boule afro, terrible ! Tu vas virer blond façon Abba, sans rien comprendre à ce qui t'arrive !

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Je t'ai déjà dit que Schwarzie était taillé pour Conan, pratiquement dès sa naissance ? Et bien, Vin Diesel, c'est pareil. Vin Diesel EST Riddick, et c'est trop tard, c'est comme ça. Si tu es fan, tu me comprends. Sinon, tu peux arrêter de perdre du temps et attendre mon prochain post.

Dire que Riddick m'a échappé à la première vision relève d'un euphémisme. J'ai trouvé le film ridicule, ce qui nous a donné l'occasion d'un jeu de mot qui vaut ce qu'il vaut.
Taraudé par un doute étrange, à sa sortie en DVD, je me retape la bande. Et là, le choc. Les Chroniques de Riddick est l'un des meilleurs films d'AVENTURES qui soient. Le genre de film qui te transporte, de la première à la dernière séquence (et quelle dernière séquence !), qui te laisse par terre, comme les Manhattans, qui te donne envie d'être écrivain de romans de gare. C'est super bien fichu, le casting est au poil, le personnage principal est parfaitement dessiné, et tout est d'une grande cohérence. David Twohy, à qui l'on doit tout le truc, se fait désirer pour un troisième opus, mais il a sa communauté de fidèles (dont je suis) et ils sont patients.
Oublie les Ch'tis, c'est filmé comme un mauvais téléfilm ! Vas plutôt voir du Cinéma !
Vas-y !...

Evelyn.

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07 avr. 08

À LA MANIÈRE DE: SÉBI !!!

L'alerte avait été chaude. Il leur avait fallu décoller en quatrième vitesse. Et dans la panique, tout à leur hâte de ne pas se faire prendre (pas comme l'autre fois...), ils ne s'étaient pas rendu compte qu'ils laissaient Marvin derrière eux.

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Lorsque la petite des Chaumier l'avait retrouvé, le lendemain, Marvin était déjà tout sec, en route vers un monde meilleur.

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Retrouvez l'imagination débordante de Sébi, en son royaume !

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06 mars 08

FATE NEVER CHANGES

Halloween, 1979, de John Carpenter.


Soleil de cristal
Soudain se déchire
Douleurs écarlates et soupirs
Atlantique avait peur des vampires

Soleil de cristal
Doucement s'est couché
Sur un ciel de sang et d'or
Un éclair a transpercé son corps

Bouche à bouche
Croque une chair
Corps à corps
En courant d'air
Pas vu pas pris
Cache cache party

Les vampires vont-ils en enfer?
Atlantique a peur de s'y plaire
(Cache-Cache Party, Pijon, 1986)


Qu'est-ce qu'un conte de Fée pour adulte ? Un compte de Sexe et de Mort. Et La Nuit Des Masques, en plus d'être l'un des meilleurs films de Carpenter, est l'un des meilleurs contes pour adulte qui se puisse trouver...

halloween


La jeune Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) est une oie blanche, dans son village d'Haddonfield. Elle ne boit pas, ne fume pas, ne jure pas, n'a aucune relation sexuelle avec aucun petit ami. Pour ses copines plus délurées, c'est là tout le problème, il faut un garçon pour Laurie. De préférence, un timide, quelqu'un qui soit comme elle, mal à l'aise avec l'idée du vice.
Premier niveau de lecture possible du conte d'Halloween: la fable violemment conservatrice. Si Michael Myers et Laurie Strode sont faits l'un pour l'autre, c'est parce qu'ils sont vierges tous les deux, exempts de toute sexualité dans une Amérique à bout de souffle qui arrive enfin au terme d'une décennie vouée toute entière à la libération des mœurs. Traumatisé quinze ans auparavant par la nudité assumée de sa sœur, le tueur au masque va de meurtre en meurtre revivre sa séquence fondatrice, jusqu'à remonter vers sa promise à qui il offre en gage, les corps nus et martyrisés de ses amies vicieuses. Halloween comme prémonition du Sida: si tu couches, tu meurs. Avec en prime, un long couteau comme phallus létal.

Deuxième niveau de lecture possible: la démonstration de la force du Destin. Lorsque Laurie pose pour la première fois les yeux sur Michael Myers, à travers la fenêtre d'une salle de classe, elle est en cours de littérature. Son professeur la rappelle à l'ordre et lui demande de résumer la conception du Destin de l'auteur qu'ils étudient ce jour-là (Samuels): "le Destin comme cinquième élément naturel après l'eau, l'air, la terre et le feu; un Destin personnifié, immuable comme la montagne qui reste quand l'homme passe". Un portrait du tueur au masque, cette masse de furie qu'on ne peut remettre en cause, et dont rien ni personne ne peut infléchir la course.
Michael Myers personnifie le destin de Laurie Strode, un destin "immuable, qui ne change jamais", mais quel est-il exactement ? Sans doute un destin fait d’angoisses et de frustrations sexuelles. Laurie est vierge, elle n’a pas de petit ami, et celui qui contre son gré lui est promis est un tueur au long couteau. Pourquoi pas ? Sauf que le couteau est vraiment trop gros, et qu’elle est incapable de l’accepter dans son corps, elle en saignerait à mort. Comme ses copines qui ont « couché » avant elle avec le tueur et se sont vidées. Laurie est condamnée par son implacable, son immuable Destin à courir en hurlant, sous peine d’être remplie et d’en mourir.


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Cette nuit d’Halloween, à Haddonfield, une adolescente américaine vierge et effarouchée, a rendez-vous avec son premier amant, et plus rien ne sera comme avant. Michael Myers, comme figure du Destin et de l’Angoisse sexuelle, se dématérialise et reviendra sans cesse hanter Laurie Strode, tel est le sens de la disparition inexplicable du corps du tueur censément mort, dans les derniers instants du film.

 


Evelyn (qui devrait faire plus de sport)

 

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29 févr. 08

LIVING IN OBLIVION

C'est pas pour frimer, mais lorsque j'avais vu le film à sa sortie, je ne bossais pas encore dans l'industrie du cinéma (et de l'audiovisuel en général). Je n'avais pas vu avec quelle acuité Tom DiCillo pouvait autopsier le tournage d'un film d'auteur à petit budget.

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Living in Oblivion est hilarant, et pour être honnête, il n'est pas besoin d'en être pour profiter de tous les gags ou savourer toutes les situations ubuesques que l'on nous fait partager. Le film propose surtout l'une des séquences à mes yeux les plus drôles de tout le cinéma comique, celle du rêve du nain ! Si vous vous en souvenez, vous vous rappelez que c'est une flèche décochée avec beaucoup d'humour à l'endroit de David Lynch et de certaines de ses obsessions, et quand on (re)connait ces obsessions, c'est un inextinguible fou rire qui nous prend !
Sinon, Catherine Keener joue dans le film.

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La Belle, ici avec Al Pacino.

Cette égérie du cinéma indépendant américain meurt d'envie d'une aventure sexuelle avec Evelyn. Dois-je céder ?
Bref.

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21 janv. 08

FRANK FRAZETTA

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F
rank Frazetta est éminemment reconnu comme le meilleur illustrateur du personnage de Conan le Barbare. Mais ce n'est que le sommet d'un iceberg dont la qualité est sans borne. Frank Frazetta est le meilleur illustrateur de fantasy (qu'elle soit heroic ou autre), chaque contemplation de l'une de ses œuvres est égale pour moi à la lecture d'un roman d'Aventure. Rien n'est plus stimulant pour l'imagination que ses dessins et peintures, et rien ne donne plus envie de se mettre à écrire des histoires ! Je vous laisse en compagnie de certains de ses personnages, dans des décors de rêve, en espérant, si ce n'est pas déjà le cas, que vous serez conquis.

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Sacré rital, va !

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13 déc. 07

SUSPIRIA

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La sortie, ces jours-ci, d'un coffret collector réunissant le film remasterisé, un DVD de bonus et le cd de la bande originale, nous donne l'occasion de revoir le chef d'œuvre de Dario Argento. Et de constater à quel point cet opéra baroque et flamboyant, climax d'une carrière en dents de scie, n'a rien perdu de sa force hypnotique, ni de son pouvoir de fascination. Passons rapidement sur le scénario (qui oppose une jeune américaine et une sorcière, la Mère des Soupirs, propriétaire d'une inquiétante école de danse) pour nous concentrer une nouvelle fois sur le magistral travail pictural, qui charge les lumières et les décors somptueux d'une infinie poésie mortuaire.

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Peu de films d'horreur peuvent en effet se targuer d'avoir fait l'objet d'un tel soin et d'une telle recherche dans le stricte champ chromatique (on peut penser au Shining de Kubrick, et bien sûr à Inferno du même Argento, mais c'est à peu près tout), avec comme visée et comme réussite, une ambiance en tout point unique. Le film se vit comme un cauchemar kaléidoscopique, dont les prismes se fichent d'une manière définitive dans l'esprit et la mémoire du spectateur, qu'il soit aficionado du genre ou pas. À l'aune de cet écrasant masterpiece, les autres films d'Argento (par ailleurs quelques fois remarquables, surtout la période giallo) semblent inexistants. À l'exception, encore une fois, d'Inferno, la suite chronologique de Suspiria, qui met en scène, dans un hôtel particulier, et dans de magnifiques aplats flashy, une deuxième sorcière, la Mère des Ténèbres, poursuivant dans la même veine et se payant même le luxe d'enfoncer plus loin l'expérimentation. Les deux films peuvent  (doivent ?) naturellement s'envisager comme un hommage au Hitchcock de Vertigo. Ils sont surtout le moment et l'endroit où le talent et l'inspiration d'Argento ne peuvent être rattrapés.

suspiria


Il faut voir Suspiria (et Inferno), si l'on est un tant soit peu concerné par le genre du film d'horreur. Il faut voir le film comme un jalons: quelque chose qu'on a fait, et plus jamais fait par la suite.

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E.D.

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30 oct. 07

L'ÉCHELLE DE JACOB

En 1990, Bruce Joel Robin a le bon scénario, Adrian Lyne est le type de la situation, et Tim Robbins est le meilleur acteur du monde. Les dés roulent, pas grand monde ne mise grand'chose, et c'est l'un des meilleurs films de l'après 70's. Pour moi, c'est sans doute l'un des meilleurs tout court.

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Attention, spoiler, comme on dit. Ceux qui ne l'ont pas vu risquent d'en apprendre ici plus qu'ils ne le souhaiteraient...
Jacob Singer revient du Viet-Nam avec dans ses valises, en sus du trauma classique, une ribambelle de visions horrifiques dont l'intensité et la fréquence vont en s'accentuant. À tel point que sa réalité propre finit par être questionnable. Malheureusement, et comme souvent en pareil cas, à trop se poser de questions, on finit par récolter quelques réponses, de celles qu'un type comme Singer n'est pas près à accepter.
J'avais vu le film à sa sortie, sans recevoir une once de ce qu'il peut donner à ses spectateurs. C'est assez inimaginable, quand j'y pense. Outre qu'il est sans doute fondateur d'une certaine esthétique de l'angoisse (on l'a dit et répété, mais l'excellent jeu vidéo Silent Hill 2 lui doit tout), L'ÉCHELLE... est probablement l'un des meilleurs thrillers américains. Une œuvre irréprochable formellement, qui, en plus de proposer au menu une déprime métaphysique suffocante, se paie le luxe de tout en retenue (sans la roublardise d'un M. Night Shambalabala) vous tirer des larmes dans ses dernières séquences. Impossible de ressentir ailleurs ce que provoquent les visions de Jacob, et leur implication probable. Impossible de ne pas sentir son cœur se briser sous les accords de la musique de Maurice Jarre. Et tout aussi impossible de nier que 17 ans après, le film d'Adrian Lyne continue de tenir la dragée haute à une cohorte de prétendants qui régulièrement essaient de lui ravir la première place.

ED

Posté par Evelyn Dead à 22:01 - ALL TIME FAVS - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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